Accueil Guides Règles

La règle du hors-jeu expliquée simplement

C’est la règle la plus commentée, la plus contestée et, souvent, la plus mal comprise du football. Pourtant, le principe du hors-jeu tient en quelques phrases. Voici l’essentiel de la loi 11 des Lois du jeu, puis un peu d’histoire.

La position de hors-jeu

Un joueur se trouve en position de hors-jeu lorsque, au moment où un coéquipier joue ou touche le ballon, trois conditions sont réunies :

  • il se trouve dans la moitié de terrain adverse (la ligne médiane elle-même ne compte pas) ;
  • une partie de sa tête, de son corps ou de ses pieds est plus proche de la ligne de but adverse que le ballon ;
  • cette même partie est aussi plus proche de la ligne de but que l’avant-dernier adversaire — le plus souvent, le dernier défenseur, le gardien étant le dernier.

Les bras et les mains, y compris ceux du gardien, ne sont pas pris en compte : on ne peut ni marquer ni être signalé hors-jeu avec une partie du corps qui ne peut pas jouer le ballon. Un joueur à la même hauteur que l’avant-dernier adversaire, ou que les deux derniers, n’est pas hors-jeu.

Position n’est pas faute

C’est le point qui surprend le plus : être en position de hors-jeu n’est pas une infraction en soi. Un attaquant peut rester en position de hors-jeu pendant toute une action sans être sanctionné, tant qu’il n’y participe pas. La faute n’existe que si, au moment de la passe, le joueur prend une part active au jeu, c’est-à-dire :

  • il intervient dans le jeu, en jouant ou en touchant le ballon ;
  • il gêne un adversaire, par exemple en masquant la vision du gardien ou en le disputant ;
  • il tire un avantage de sa position, par exemple en récupérant un ballon renvoyé par un poteau ou par un adversaire.

La sanction est un coup franc indirect accordé à l’équipe adverse, à l’endroit où l’infraction a été commise.

Les exceptions à connaître

Il n’y a jamais hors-jeu lorsque le joueur reçoit directement le ballon sur une rentrée de touche, un coup de pied de but ou un corner. C’est pourquoi on voit parfois des attaquants très avancés sur une touche longue : c’est parfaitement réglementaire.

Autre subtilité : si un défenseur joue délibérément le ballon — une vraie passe ratée, pas un contre ou un arrêt réflexe — le joueur qui en profite n’est plus considéré comme hors-jeu. La distinction entre « jeu délibéré » et « parade » fait partie des décisions les plus délicates pour les arbitres.

Une règle née avec le football moderne

Le hors-jeu existe depuis les premières règles de la Football Association, en 1863. Il était alors très strict : tout joueur devant le ballon était hors-jeu, dans l’esprit du rugby. En 1866, on autorise un joueur à être devant le ballon s’il reste au moins trois adversaires entre lui et le but.

En 1925, ce nombre passe à deux adversaires. Le changement est spectaculaire : le nombre de buts augmente fortement dans le championnat anglais, et les entraîneurs doivent repenser leurs défenses. C’est de cette époque que date l’apparition du défenseur central « stoppeur ».

En 1990, une autre évolution favorise l’attaque : un joueur à la même hauteur que l’avant-dernier défenseur n’est plus hors-jeu. Dans les années 2000, les instances précisent la notion de participation active pour ne plus sanctionner les joueurs qui ne touchent pas au jeu.

L’ère de la vidéo

L’assistance vidéo à l’arbitrage (VAR) est intégrée aux Lois du jeu en 2018, et utilisée en Coupe du monde pour la première fois cette année-là en Russie. Elle permet de revenir sur un but entaché d’un hors-jeu. Lors de la Coupe du monde 2022 au Qatar, la FIFA introduit la technologie semi-automatique du hors-jeu, qui suit la position des joueurs grâce à des caméras et à un capteur placé dans le ballon.

La précision a un revers : des buts sont désormais annulés pour quelques centimètres, ce qui relance régulièrement le débat sur l’esprit de la règle. Plusieurs propositions circulent pour laisser l’avantage à l’attaquant tant qu’une partie de son corps reste alignée avec le défenseur, mais la règle de base demeure celle décrite plus haut.

Le hors-jeu en une phrase

Au moment de la passe, un attaquant dans le camp adverse doit avoir au moins deux adversaires entre lui et la ligne de but — sinon il ne doit pas se mêler de l’action. Tout le reste n’est qu’application de ce principe.