Footix : d’où vient le mot, et comment ne pas en être un
Avant d’être une moquerie lancée dans les tribunes et sur les réseaux, « Footix » était un coq bleu au sourire éclatant. Retour sur la trajectoire étonnante d’un mot que tout amateur de football français connaît.
Une mascotte pour la Coupe du monde 1998
Pour la Coupe du monde organisée en France en 1998, le comité d’organisation choisit comme mascotte un coq, symbole traditionnel du pays et emblème de l’équipe de France. Bleu, rond, avec une crête rouge et le mot « FRANCE 98 » sur la poitrine, il est baptisé Footix. Le nom est une contraction de « foot » et du suffixe « -ix », clin d’œil assumé aux héros gaulois de la bande dessinée.
La mascotte se retrouve partout pendant la préparation du tournoi : peluches, affiches, porte-clés, emballages. Elle incarne un football festif et familial, pensé pour séduire un public bien plus large que les habitués des stades.
Le basculement après la victoire
Le 12 juillet 1998, la France bat le Brésil 3-0 au Stade de France et remporte sa première Coupe du monde. L’enthousiasme est immense, et le football attire soudain des millions de personnes qui ne suivaient pas le championnat jusque-là. Beaucoup découvrent Zidane, Thuram ou Deschamps à l’occasion du tournoi.
C’est dans ce contexte que le mot change de sens. Chez les supporters de longue date, « footix » devient un sobriquet pour désigner le supporter de circonstance : celui qui s’intéresse au football uniquement quand l’équipe gagne, arbore le maillot du club à la mode et découvre les joueurs au moment où ils deviennent célèbres. Le terme s’est ensuite étendu à l’ensemble du football, bien au-delà de l’équipe de France.
Ce que le mot désigne aujourd’hui
Dans l’usage courant, on traite de « footix » quelqu’un qui :
- change de club favori au gré des résultats ;
- ne connaît que les stars du moment et ignore l’histoire du jeu ;
- commente avec assurance sans avoir vu les matchs ;
- confond des notions de base, comme les compétitions ou les règles.
Le mot reste le plus souvent taquin. Il sert autant à se moquer d’un ami qu’à se protéger soi-même : on dit volontiers « je suis un peu footix sur ce coup » pour avouer une lacune. C’est précisément ce second usage, plein d’autodérision, qui a donné son nom à notre jeu.
Personne n’est né expert
Il y a quelque chose d’injuste dans la moquerie : tout passionné a commencé par ne rien savoir. Les grands tournois ont toujours été une porte d’entrée, et le supporter de 1998 est parfois devenu l’abonné fidèle d’aujourd’hui. La vraie différence entre un footix et un connaisseur tient moins au point de départ qu’à la curiosité qui suit.
Cinq pistes pour enrichir sa culture foot
- Regarder au-delà de son championnat. Suivre ne serait-ce qu’un match par semaine d’un autre pays ouvre énormément la connaissance des joueurs et des styles.
- S’intéresser aux carrières complètes. Savoir d’où vient un joueur, quel club l’a formé et par où il est passé rend chaque transfert plus lisible.
- Revisiter les grands tournois. Les Coupes du monde et les Euros racontent l’histoire du jeu, génération après génération.
- Comprendre les règles. Le hors-jeu, les prolongations, les règles de qualification : maîtriser le règlement change la façon de regarder un match.
- Jouer. Les jeux de culture football obligent à relier les joueurs, les clubs et les époques, ce qui est la meilleure façon de retenir.
Et le joueur mystère dans tout ça ?
« Suis-je un footix ? » pose la question avec humour. Chaque jour, un footballeur est à retrouver à partir de ses liens : clubs, pays, coéquipiers, trophées. Le jeu ne récompense pas la mémoire des noms à la mode, mais la capacité à relier les pièces d’une carrière. De quoi, partie après partie, prouver que l’on n’est pas — ou plus — un footix.