Le Ballon d’Or : histoire du plus célèbre trophée individuel
Chaque automne, le monde du football s’arrête pour connaître le nom du Ballon d’Or. Né d’une idée de journalistes français, le trophée est devenu la récompense individuelle la plus prestigieuse du jeu.
Une création de France Football
Le Ballon d’Or est créé en 1956 par l’hebdomadaire France Football, à l’initiative notamment de Gabriel Hanot, journaliste qui avait déjà contribué à la naissance de la Coupe des clubs champions européens. Le principe est simple : des journalistes votent pour désigner le meilleur joueur européen de l’année.
Le premier lauréat est l’Anglais Stanley Matthews, ailier de Blackpool, alors âgé de 41 ans. Deux ans plus tard, en 1958, le Français Raymond Kopa, vainqueur de la Coupe des clubs champions avec le Real Madrid, devient le premier Français récompensé.
Du trophée européen au trophée mondial
Pendant près de quarante ans, seuls les joueurs européens peuvent être élus. C’est pourquoi ni Pelé ni Maradona ne l’ont remporté pendant leur carrière. En 1995, le règlement s’ouvre aux joueurs de toutes nationalités évoluant dans un club européen : le Libérien George Weah, attaquant du Milan AC passé par Monaco et le Paris Saint-Germain, est le premier lauréat non européen.
En 2007, le trophée s’ouvre à tous les joueurs du monde, quel que soit leur club ; le Brésilien Kaká l’emporte. De 2010 à 2015, le Ballon d’Or fusionne avec la récompense du joueur mondial de la FIFA sous le nom de « Ballon d’Or FIFA », avant que les deux distinctions ne se séparent à nouveau en 2016. En 2020, en raison de la pandémie, le trophée n’est pas décerné.
Les grands collectionneurs
Trois joueurs l’ont gagné trois fois avant l’ère moderne : le Néerlandais Johan Cruyff (1971, 1973, 1974), le Français Michel Platini, seul à l’avoir remporté trois années de suite (1983, 1984, 1985), et le Néerlandais Marco van Basten (1988, 1989, 1992).
Puis vient une domination sans équivalent. Lionel Messi le remporte à huit reprises, de 2009 à 2023, record absolu. Cristiano Ronaldo le gagne cinq fois, entre 2008 et 2017. Pendant une décennie, la rivalité entre les deux hommes rythme le trophée ; seul le Croate Luka Modrić, en 2018, interrompt leur série.
Les lauréats français
- Raymond Kopa (1958)
- Michel Platini (1983, 1984, 1985)
- Jean-Pierre Papin (1991), alors à l’Olympique de Marseille
- Zinédine Zidane (1998), l’année du premier titre mondial des Bleus
- Karim Benzema (2022), après une saison exceptionnelle avec le Real Madrid
- Ousmane Dembélé (2025), au lendemain de la première Ligue des champions du Paris Saint-Germain
Un seul gardien
Le Ballon d’Or récompense presque toujours des attaquants ou des milieux offensifs. Un seul gardien l’a remporté : le Soviétique Lev Yachine, en 1963. Son nom est aujourd’hui attaché au trophée Yachine, créé en 2019 pour récompenser le meilleur gardien de la saison. Un trophée Kopa, lancé en 2018, distingue de son côté le meilleur joueur de moins de 21 ans.
Le Ballon d’Or féminin
Depuis 2018, un Ballon d’Or féminin est également décerné. La Norvégienne Ada Hegerberg, attaquante de l’Olympique lyonnais, en est la première lauréate. Les Espagnoles du FC Barcelone dominent ensuite le palmarès : Alexia Putellas le remporte en 2021 et 2022, puis Aitana Bonmatí le gagne trois années de suite.
Comment le vainqueur est-il choisi ?
Le vote est confié à un jury de journalistes représentant de nombreux pays. Depuis 2022, la période prise en compte est la saison sportive plutôt que l’année civile. Les critères officiels mêlent les performances individuelles et collectives, la classe du joueur et son fair-play. Ce mélange de statistiques et d’appréciation explique que chaque édition suscite son lot de débats.
Pour un amateur de culture foot, le palmarès du Ballon d’Or est une précieuse frise chronologique : chaque lauréat renvoie à un club, une époque et une génération de coéquipiers.